Faire société, faire république, lutter contre toutes les formes de replis communautaristes

 

LE CONTEXTE

Abstention électorale croissante, non participation à la vie citoyenne, montée des votes extrêmes, replis individuels et collectifs, territoires dans lesquels les lois de la République peineraient à s’appliquer et multiplication des radicalisations violentes ont conduit le Préfet de l’Hérault à proposer une approche transversale dans les nouveaux contrats de ville : « Lutter contre toutes les formes de replis communautaristes ». Rattachée à la DDCS, une mission du même nom, a pour but de compléter par un traitement de fond, le traitement sécuritaire de cette question.

En outre, le département de l’Hérault compte 22 QPV, dont certains, après avoir été des laboratoires du vivre ensemble, sont aujourd’hui des territoires où on observe des indices de replis communautaristes. La mission s’est attachée dans un premier temps au travail dans ces quartiers.

DEFINITION ET FONCTIONNEMENT DE LA MISSION

Deux dimensions caractérisent la mission : l’ajout d’une « rénovation citoyenne » aux rénovations urbaine, sociale, économique des contrats de ville, et une approche de la radicalisation complémentaire de l’approche individuelle travaillée généralement (SG-CIPDR). En effet, l’approche de la radicalité retenue dans cette mission est collective : il ne s’agit pas de s’intéresser à des situations personnelles et de répondre par des solutions individuelles, il convient plutôt d’avoir une pensée globale sur l’importance des interactions et des communautés d’appartenance dans les différents processus et états de radicalités.

Il est évident que le communautarisme peut pousser des membres de la communauté à se radicaliser, et inversement, des personnes radicalisées entraîner une communauté dans le communautarisme. Cependant, si l’on définit le communautarisme comme l’entre-soi extrémiste dans lequel la communauté à une valeur supérieure à l’individu, il faut prendre en compte la diversité des communautés qui composent de fait notre société, complexe.

S’intéresser à toutes les formes de replis communautaristes – les communautés religieuses ne sont pas les seules à être sujettes à ce type de dérive – c’est prendre en compte les repli et rejet provenant de communautés radicales, notamment politiques ou identitaires.

PROBLEMATIQUE

On agit ici non pas contre les dynamiques de repli, y compris communautaire, mais contre une exacerbation des replis et rejets, individuels ou collectifs, conduisant à un sentiment exclusif d’appartenance que nous nommons communautarisme.

Ce communautarisme constitue le terreau de la radicalisation violente. Nous sommes confrontés à des dynamiques qui menacent le « vivre ensemble », dont la facette la plus inquiétante est celle du radicalisme, qui vient s’ajouter au racisme, aux discriminations, aux replis communautaristes et identitaires, au fondamentalisme religieux, au sectarisme, aux politiques inadaptées de peuplement et d’attribution de logement sociaux, sans oublier les misères sociale et économique. C’est à la République d’apporter les réponses adéquates, ses services de l’Etat et ses élus, afin de faire des QPV des quartiers qui connaissent mixité sociale, culturelle et citoyenne. C’est « faire société, faire république », en prenant appui sur une action contre toutes les formes de replis communautaristes.